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REUSSIR VOS FOUGERES

 

Toutes les fougères ont un certain nombre de caractéristiques communes. A l'état sauvage, on en rencontre dans quasiment tous les pays. Les fougères cultivées en intérieur sont principalement originaires de zones tropicales, celles qui croissent dans des régions tempérées ne pourraient pas s'acclimater dans une habitation.
Beaucoup de fougères sont épiphytes. Elles ont des racines qui s'installent dans des matières organiques accumulées aux creux des arbres. Mais en fait, elles n'en tirent pas leur nourriture, elles se nourrissent de l'air ambiant, très humide.
D'autres fougères croissent en pleine terre, généralement dans des milieux ombragés et humides. Elles poussent partout où elles trouvent un bon terreau de feuilles pour s'en nourrir.
Qu'elles soient épiphytes ou terrestres, les fougères ont toutes besoin de beaucoup d'humidité dans l'air ambiant.
La croissance des fougères est ininterrompue, sauf dans le cas des adiantums qui ont besoin d'une période de repos en hiver.

 

Formes représentatives de fougères
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Adiantum
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Asplenium
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Blechnum
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Cyrtomium
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Davallia
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Nephrolepis
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Pellaea
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Phyllitis
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Platycerium
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Polypodium
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Polystichum
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Pteris

 

Les racines

La majorité des fougères possèdent un système rhizomateux charnu qui leur sert de réserve alimentaire. Le rhizome de certaines fougères comme les phyllitis ou les polystichums est court, dressé et ramifié. Celui de certains blechnums et des dicksonias ressemble à un tronc d'arbre épais. Certains rhizomes comme ceux des davallias et des polypodiums rampent et s'accrochent à la surface du sol. Ceux des adiantums rampent sous la terre.
Les rhizomes des fougères ont un point commun, ils sont recouverts d'une couche pileuse de diverse épaisseur, brune, noire ou argentée.
Selon l'apparence du rhizome, les racines sont plus ou moins abondantes. Les fougères terrestres à rhyzomes souterrains produisent plus de racines que leurs cousines épiphytes.

 

Les frondes

Les frondes (ou feuilles) sont formées par le pétiole et par le limbe. Elles ont une apparence très variable. La longueur peut varier de quelques centimètres à quelques mètres. Les frondes du genre platycerium ont la particularité d'être complètement dépourvues de pétioles. Celles du genre polypodium ont un pétiole qui mesure plus de la moitié de la longueur totale de la fronde.
Le pétiole est habituellement vert, noir ou brun. Il se prolonge dans le limbe de la fronde sous forme de rachis. Il prend alors la même couleur que le limbe.
Les frondes sont parfois simples et rubanées comme celles des phyllitis. Elles peuvent être profondément divisées comme celles de certains aspleniums. Il peut y avoir également des frondes triangulaires comme celles des adiantums ou en forme d'andouiller comme les frondes des platyceriums.
Les différents segments d'une fronde composée se nomme folioles et la subdivision des folioles s'appellent pinnules. Les fougères du genre davallia ont une division extrême de leurs frondes.

La reproduction

Les fougères ne produisent pas de fleurs. Elles ne se multiplient donc pas avec des graines. La reproduction est assurée par des spores qui peuvent se trouver par millions sous certaines frondes. Les spores sont contenues dans des sporanges groupés en sores. Quand les sporanges sont mûrs, ils libèrent une fine poudre de spores.
La manière dont les sporanges sont regroupés diffère beaucoup d'un genre de fougère à un autre. Cet élément est tellement caractéristique qu'il permet à lui seul de reconnaître le genre d'une fougère.
Certaines fougères comme les aspleniums ou les davallias se reproduisent au moyen des spores, mais également au moyen de plantules qui poussent sur les frondes ou sur les rhizomes. Ces plantules se détachent facilement et servent à la multiplication.
Le cas le l'asplenium bulbiferum est particulièrement intéressant. On peut trouver sur une seule de ses frondes une douzaine de plantules. Sous le poids, la fronde s'infléchit et finit par toucher le sol. Les plantules en contacts avec le mélange terreux produisent un système racinaire et deviennent autonomes.

 

La lumière

La majorité des fougères d'intérieur sont originaires de régions tropicales. Dans leur habitat naturel, elles sont abritées du soleil par le feuillage des arbres sur ou sous lesquels elles croissent. Elles préfèrent donc un éclairage moyen, parfois une lumière vive, mais tamisée. La plupart du temps, les rayons du soleil risquent de brûler les frondes fragiles. Par contre, en hiver, une exposition au soleil du matin maintient la croissance de la plante.
Beaucoup de fougères peuvent tolérer une lumière médiocre pendant quelques semaines. Mais leur croissance s'arrête. Les espèces colorées, elles, ont besoin de plus de lumière que les sujets entièrement verts. Pour qu'une fougère se développe harmonieusement et non d'un seul côté, il faut tourner le pot d'un quart de tour tous les deux à trois jours.

 

La température

La plupart des fougères s'acclimatent à des températures comprises entre 18 et 24° toute l'année. Mais à ces températures, il est impératif d'avoir une bonne humidité de l'air. Un bon moyen pour augmenter de façon significative le taux d'hygrométrie est de placer les pots au-dessus de plateaux d'eau remplis de billes d'argile ou de galets. On peut également placer les pots dans des contenants plus grands. On remplit les creux de tourbe qu'on maintient humide. Quand les températures sont supérieures à 21°, il est recommandé de bassiner le feuillage une fois par jour. Il faut utiliser un jet très fin. Les polypodiums, par exemple, ne supportent pas des gouttelettes résiduelles sur leur feuillage. En outre, utilisez toujours de l'eau tiède.
En hiver, si les températures sont inférieures à 18°, la plupart des fougères supporteront très bien cette baisse. En général, les fougères survivent très bien à des baisses de températures pouvant aller jusqu'à 10°. Elles entrent alors en dormance jusqu'à ce que l'atmosphère se réchauffe. Il faut alors réduire sévèrement les arrosages tout en maintenant un taux d'humidité élevé.

 

Les arrosages

Les fougères perdent généralement beaucoup d'eau par leurs frondes même si elles bénéficient d'un fort taux d'humidité de l'air. C'est pourquoi elles ont besoin d'avoir leurs racines dans un milieu assez humide, mais sans jamais être détrempé. Cette règle s'applique évidemment si les températures sont hautes. Certaines fougères toutefois, font exception et réclament un certain assèchement du mélange entre chaque arrosage. Ces spécificités sont expliquées dans les fiches concernant chaque espèce.
Quand les températures sont inférieures à 16°, il faut réduire les arrosages et laisser le mélange sécher en surface entre chaque apport. Il faut conserver le mélange à peine humide jusqu'à ce que les températures remontent. Si les températures sont proches de 10°, la fougère se met en repos total. Elle n'a besoin d'eau au niveau de ses racines que pour conserver ses frondes fermes et bien vertes. Il faut vraiment arroser à peine. Trop d'eau a tendance à la faire pourrir irrémédiablement.
Accordez toujours la préférence à l'eau de pluie y compris pour le bassinage du feuillage. L'eau du robinet est à utiliser tiède.

L'engrais est important pour les fougères. Ce ne sont pes des plantes florifères et c'est uniquement le feuillage qui fait toute leur beauté. Il faut donc choisir un engrais riche en azote et pauvre en phosphate et en potassium. En général, on utilise une demi-dose, une dose normale risquerait de brûler les racines.
On fertilise plus ou moins régulièrement selon le mélange dans lequel pousse la fougère. Si c'est un mélange à base de tourbe, en engraisse tous les quinze jours. Si le compost est à base de terreau, une fois par mois suffit. Si la croissance de la plante ralentit ou s'arrête complètement pendant les mois d'hiver, on supprime l'engrais pendant cette période.
Il est recommandé également d'utiliser un engrais foliaire de temps en temps. Ce type d'engrais fait le plus grand bien à la plante.

 

Empotage et rempotage

Les fougères poussent naturellement dans des sols très riches en matières organiques. Les espèces épiphytes vivant en hauteur n'ont évidemment aucun problème de drainage. Pour les espèces terrestres, elles poussent généralement dans des sols très poreux où l'eau s'écoule facilement. Il faut donc reproduire ces caractéristiques dans les pots où vous cultivez vos fougères. Il faudra utiliser un compost riche en matières organiques, léger et parfaitement drainé. Un mélange convenant bien aux espèces épiphytes comme terrestres est composé de tourbe, de terreau de feuilles et de sable grossier. Ce mélange convient certes aux deux types de fougères, mais plus particulièrement aux fougères épiphytes.
Un autres mélange composé de terreau et de terreau de feuilles à demi décomposées, avec une portion de sable est plus lourd et convient parfaitement aux fougères terrestres ou aux grands sujets. Il faut veiller à ce que le substrat soit bien stérilisé et on peut y rajouter des granules de charbon de bois.
Généralement, les fougères ont un système racinaire peu développé. Les blechnums font exception et doivent loger dans des pots normaux. Les autres espèces préfèrent des contenants peu profonds pour que leurs racines puissent s'y étaler à l'aise. Dans ce type de contenants, le mélange se tassera mois et favorisera un excellent drainage.
Les fougères à rhizome rampant seront à l'aise dans des pots deux ou trois fois plus larges que hauts.
Les fougères se rempotent quand leur système racinaire a envahi tout le pot ou que leurs rhizomes ont couvert toute la surface du mélange et commencent à déborder. Dans des conditions idéales de culture, un rempotage peut s'avérer indispensable tous les six mois. Plus fréquemment, le rempotage interviendra que tous les deux ans. On rempote au printemps ou au début de l'été et dans un pot de seulement une taille au-dessus.
Lorsqu'une fougère a atteint sa taille optimale, il est préférable de la diviser. Il est possible également de diminuer la motte de racines du tiers ou carrément de la moitié. On remet ensuite la fougère dans le même pot après avoir parfaitement nettoyé celui-ci, avec du mélange frais.

 

Multiplication

Selon le genre de la fougère, on utilisera des méthodes de multiplication différentes. L'opération se fait toujours au début du printemps. La méthode la plus simple est la division des rhizomes. Mais cette technique ne s'applique qu'aux fougères à rhizomes souterrains comme les adiantums et les polystichums. Il faut retirer la fougère de son pot et ôter le plus de substrat possible des racines et ce, sans les endommager. Ensuite, coupez le rhizome en segments à l'aide d'un couteau parfaitement affûté et désinfecté. Il faut que chaque segment comporte quelques frondes. Plantez ensuite chaque segment dans un pot de 8 cm rempli du mélange recommandé pour l'espèce. Le compost sera humide, mais non imbibé d'eau.
Afin d'atténuer le traumatisme de l'opération, enfermez le pot dans un sachet de plastique transparent et conservez-le dans un endroit chaud et ombragé. Au bout d'un mois, acclimatez progressivement le jeune plant à l'atmosphère plus sèche d'une pièce d'habitation et le découvrant de plus en plus chaque jour. Arrosez très peu durant cette période. Au bout de 3 à 4 semaines d'acclimatation, la jeune fougère peut être cultivée comme un sujet adulte.
Les fougères comme les davallias, par exemple et dont le rhizome rampe à la surface du mélange se multiplient par boutures de rhizomes. Dans ce cas, on prélève des segments de 5 cm qui n'ont pas forcément besoin d'être pourvus de frondes. Couchez-les à plat à la surface du mélange terreux dans des demi-pots de 8 cm. Fixez-les à l'aide d'épingles à cheveux pour qu'ils soient bien plaqués comme précédemment, placez les pots dans des sachets de plastique transparents. Quand la bouture a développé des racines et que des frondes apparaissent, en général au bout de 4 ou 5 semaines, retirez peu à peu le sachet et procédez comme ci-dessus.
Les stolons qui apparaissent sur des fougères comme les nephrolepis se traitent un peu de la même façon. Il n'est pas nécessaire de les couper pour provoquer leur enracinement. Ils pourront être sevrés de la plante mère quand ils auront émis leur propre système racinaire.
Pour les aspleniums, on utilisera très simplement les plantules qui poussent sur les frondes. Prélevez la plantule avec un petit morceau de la foliole et placez la à la surface d'un pot de 8 cm rempli de mélange humidifié. Comme d'habitude, enfermez le tout dans un sachet de plastique durant l'enracinement.
Multiplication par les spores. Cette méthode est la plus délicate et la plus longue pour un amateur. L'opération peut prendre une année complète. Il faut choisir une foliole qui comporte des sores mûrs Pour s'en assurer, passez un doigt sur les sores. S'il s'y dépose une poussière fine, c'est bon. Détachez alors la foliole et posez-la à l'envers sur une feuille de papier et conservez la telle quelle pendant 2 jours à la chaleur. Après 24 h, un nombre incalculable de spores se seront déposées sur la feuille. Répandez ces spores à la surface d'un pot de 6 cm rempli d'un mélange de tourbe ou de terreau de feuilles bien humidifié. Enfermez dans un sachet de plastique transparent. Conservez à la chaleur dans un endroit lumineux. Une sorte de mousse verte apparaîtra à la surface du mélange au bout de 2 ou 3 mois. Arrosez finement avec un pulvérisateur. Le mélange doit rester légèrement humide sans être imbibé d'eau. La mousse verte s'épaissira, mais ne ressemblera encore en rien à des frondes de fougères.
Il faut attendre encore quelques mois avant de distinguer des petites fougères bien caractéristiques. Repiquez individuellement les plants les plus robustes dans des godets de 5 cm remplis du même mélange que pour la levée. Les petites fougères demandent encore beaucoup d'humidité et il faut les recouvrir aussi d'un sachet de plastique transparent. Elles ont aussi besoin de chaleur et d'une lumière vive sans soleil.
Lorsque les jeunes plants ont atteint 5 cm, commencez à fertiliser tous les quinze jours, mais dilué 8 fois plus que la normale. Quand les racines ont complètement rempli le pot, rempotez-les normalement et augmentez graduellement le pourcentage d'engrais. Quand le sujet a rempli totalement un pot de 8 cm, rempotez-le encore une fois et c'est seulement à ce moment qu'on peut lui accorder les mêmes soins qu'à un sujet adulte.

 

Parasites/maladies

 Certains insectes nuisibles s'attaquent de préférence aux fougères, malheureusement. Le problème, c'est que les fougères supportent mal les insecticides. Il faut absolument utiliser un insecticide dont le fabriquant mentionne qu'il puisse s'appliquer aux fougères. Pourtant, dans beaucoup de cas, on peut se débarrasser des ravageurs sans recourir à un produit chimique. Une solution contenant une faible dose de détergent éliminera les pucerons, par exemple, sans dommage pour la plante.
L'alcool dénaturé agit efficacement contre toutes les espèces de cochenilles. Badigeonnez les insectes avec un pinceau trempé dans de l'alcool dénaturé. Toutefois, n'abusez pas de cette solution, surtout sur les jeunes feuilles.
Le nématode doit également être abordé. Il s'agit d'un parasite qui pénètre au cœur de la plante par ses racines. Les frondes se tordent et se vrillent. Ces parasites se rencontrent rarement et heureusement car on ne connaît aucun moyen pour les combattre. La stérilisation du mélange terreux avant son utilisation détruit ces insectes.

 

Les fougères les plus faciles à cultiver

Cette liste est non exhaustive, mais voici quelques fougères avec lesquelles vous ne devriez avoir aucun problème.

Asplenuim bulbiferum
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Athyrium
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Blechnum
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Cyrtomium
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Davallia
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Microlepia
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Pellaea
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Phyllitis
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Polypodium
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